CAF / Patrice Motsepe : Trois ans de gestion catastrophique qui tuent le football africain ?

Patrice Motsepe

Depuis son élection controversée à la tête de la Confédération Africaine de Football (CAF) en mars 2021, le Sud-Africain Patrice Motsepe accumule les décisions désastreuses qui plongent le football africain dans le chaos. Élu sans opposition grâce à l’intervention musclée du président de la FIFA Gianni Infantino, qui a poussé les trois autres candidats à se retirer, Motsepe n’a jamais eu la légitimité d’un vrai scrutin. Aujourd’hui, les critiques fusent de toutes parts contre un président absent, qui vit à Johannesburg et laisse son secrétaire général Véron Mosengo-Omba diriger CAF comme une « propriété personnelle », créant un climat de peur et de répression contre les employés qui osent dénoncer les dérives.

La dernière décision en date est tout simplement scandaleuse : le 17 mars 2026, la CAF a décidé de retirer la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, deux mois après la finale remportée sur le terrain par les Lions de la Teranga. Une décision prise sur la base d’une procédure administrative, alors que le match s’est déroulé jusqu’au bout et que personne n’a soulevé de problème le jour J. La Fédération sénégalaise a immédiatement dénoncé une décision « injuste, sans précédent et inacceptable » qui « discrédite le football africain ».

La star sénégalaise Sadio Mané n’a pas mâché ses mots. Sur Instagram, il a dénoncé « trop de corruption dans notre jeu », affirmant que « ça tue la passion de millions de fans à travers le continent ». Des propos forts qui font écho à la colère populaire. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont unanimes : « La honte, le Sénégal est le vrai champion », « C’est évident que le Maroc vous a soudoyés », « Cette décision est une blague totale ». Même l’écrivain Nels Abbey a tweeté : « Patrice Motsepe devrait recevoir un carton rouge. Assez, c’est assez ».

Rappelons que, lors de la dernière réunion du comité exécutif de la CAF à Dar es Salaam, Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise, a publiquement remis Motsepe à sa place. « Écoutez, grand frère, vous m’avez demandé de ne rien dire, de rester discret, de bien me comporter. J’ai respecté vos souhaits, je me suis tu mais aujourd’hui, je n’en peux plus. Je suis Samuel Eto’o Fils », a-t-il lancé devant des dirigeants médusés. Cette confrontation historique révèle les tensions insoutenables au sein de l’instance dirigeante du football africain.

Les critiques contre Motsepe dépassent largement le cas sénégalais. Depuis trois ans, on lui reproche son absence de leadership, des scandales financiers au sein de l’institution, des accusations de détournements, et une gouvernance à deux vitesses où les décisions se prennent dans l’ombre sans consultation des 54 fédérations.

Alors que le Maroc a été sanctionné par la CAF en janvier 2026 pour le comportement de ses ramasseurs de balles et des incidents au laser pendant la finale, l’instance a pourtant décidé deux mois plus tard de lui offrir le trophée sur un plateau. Une incohérence qui en dit long sur le fonctionnement opaque de cette institution.

Ce scandale sans précédent doit être le point de départ d’une prise de conscience collective. Le football africain ne peut pas continuer à être dirigé par des hommes d’affaires plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par l’avenir du sport.

Affaire à suivre…

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