Sénégal : Quand l’Afrique tente de reconquérir un siège qui lui échappe depuis 2006 avec Macky Sall, candidat à la tête de l’ONU
L’ancien président sénégalais Macky Sall est officiellement candidat au poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature a été déposée par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Le mandat de l’actuel titulaire, le Portugais António Guterres, arrive à expiration le 31 décembre 2026.
Cette annonce s’inscrit dans une revendication africaine récurrente : celle de voir un fils du continent prendre les rênes de l’institution multilatérale. Depuis 2006, aucun Africain n’a dirigé l’ONU, alors que le continent représente plus d’un quart des États membres et fournit le plus gros contingent des Casques bleus déployés à travers le monde.
Le parcours de Macky Sall plaide en sa faveur. Chef d’État du Sénégal de 2012 à 2024, il a également présidé l’Union africaine entre 2022 et 2023, et le Comité pour le développement de la Banque mondiale et du FMI. Une expérience solide des arcanes diplomatiques et des institutions financières internationales.
Mais la route vers New York est semée d’embûches. Le choix du secrétaire général obéit à des équilibres géopolitiques complexes, où le poids des cinq membres permanents du Conseil de sécurité reste déterminant. L’Europe de l’Est, qui n’a pas eu le poste depuis 2010, fait également valoir ses prétentions.
Au-delà de la candidature de Macky Sall, c’est la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale qui est en jeu. Le continent, qui porte une part significative des dossiers onusiens, notamment dans les opérations de maintien de la paix, aspire à une représentation à la hauteur de son implication. Reste à savoir si la communauté internationale sera prête à franchir ce pas.
