Ghana : Sortie du FMI en fanfare, mais la surveillance continue

FMI

Accra affiche la victoire, mais le chemin reste balisé. Le Ghana se prépare à tourner officiellement la page de son programme d’aide du Fonds monétaire international, tout en demeurant sous l’œil du Fonds à travers un nouvel instrument non financier, qui encadrera la discipline budgétaire du pays jusqu’à la prochaine présidentielle de 2028.

Les chiffres brandis par les autorités ghanéennes ont de quoi impressionner. La dette publique, qui culminait à 61,8 % du PIB fin 2024, a été ramenée à 44,7 % à la clôture de l’exercice 2025, atteignant avec huit ans d’avance la cible fixée par la loi nationale de gestion des finances publiques. Une performance saluée par le FMI lui-même, qui a acté la conclusion de la sixième et dernière revue du programme de Facilité élargie de crédit de 3 milliards USD, conclu en mai 2023.

Sur le front monétaire, les résultats sont tout aussi saisissants. L’inflation, qui frôlait les 24 % à l’arrivée de l’actuel gouvernement, a chuté à 3,4 % en avril 2026, tandis que le cedi enregistrait une appréciation spectaculaire de 40,7 % face au dollar sur la seule année 2025.

La crédibilité retrouvée du Ghana sur les marchés financiers internationaux s’est également traduite par une amélioration de sa note souveraine. L’agence Fitch a relevé celle-ci de B- à B avec perspective positive le 8 mai dernier, un signal fort pour un pays qui avait fait défaut sur sa dette commerciale extérieure en décembre 2022.

Derrière la rhétorique de rupture soigneusement mise en scène, la réalité est plus nuancée : Accra ne rompt pas totalement avec le FMI, mais entame une nouvelle phase de relation, moins contraignante financièrement, mais tout aussi exigeante sur le plan de la rigueur économique. Un test grandeur nature qui dira, d’ici 2028, si le redressement ghanéen est une transformation durable ou un effet d’aubaine conjoncturel.

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