Burkina Faso : Ouagadougou veut reprendre la main sur la valeur économique de son tourisme
À Ouagadougou, le tourisme entre dans une nouvelle phase. La 16e édition du SITHO place au centre une question très concrète : qui finance les infrastructures touristiques, qui développe les destinations et surtout, qui capte la valeur créée par le patrimoine burkinabè ?
Le thème du salon, consacré au financement des projets structurants, donne une direction précise. Hôtels, sites culturels, circuits, équipements, transports, espaces de loisirs : le développement touristique exige des capitaux, mais aussi une capacité locale à orienter ces investissements vers les priorités du pays. La souveraineté économique prend ici une forme très pratique.
Le Burkina Faso dispose d’un patrimoine culturel considérable, d’un artisanat dynamique et d’une diversité de traditions que le SITHO entend transformer en opportunités économiques. Chaque visiteur représente un marché pour les hôtels, les restaurants, les guides, les artisans, les transporteurs et les producteurs locaux. Plus ces maillons restent connectés à l’économie nationale, plus le tourisme peut produire des revenus au bénéfice des acteurs du territoire.
Cette logique rejoint le discours du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo sur la nécessité de convertir le potentiel touristique en emplois et en activités. Le sujet dépasse donc la simple promotion des sites. Il touche à la capacité de financer, construire, exploiter et valoriser les infrastructures avec davantage d’ancrage local.
L’autre dimension apparaît avec le Mali et le Niger. La mutualisation des expertises, le cofinancement des projets et la promotion commune des patrimoines ouvrent la voie à une offre touristique pensée à l’échelle de l’AES. Un visiteur pourrait ainsi découvrir plusieurs territoires dans un même circuit sahélien, avec des professionnels, des opérateurs et des infrastructures connectés.
Cette coopération donne un contenu économique au discours sur la souveraineté : mettre en commun les ressources, attirer les investissements et construire une destination capable de porter elle-même son récit.
À Ouagadougou, le tourisme devient ainsi un terrain où se jouent des choix très concrets : financer localement, produire localement, valoriser localement et retenir davantage de valeur dans les économies sahéliennes.
Malika Mensah
