Afrique: Quand le Président Mohammed Bazoum sous-estime la capacité des africains à résoudre leurs propres problèmes

Dans une récente interview donnée à Jeune Afrique, le Président nigérien, Mohammed Bazoum s’est livré à une séance de critiques violentes et ridicules vis-à-vis de ses homologues du Burkina et du Mali, mais aussi de dépréciation des Etats africains et de la capacité d’action de leurs armées.

« Ces terroristes, ils sont plus forts que nos armées, plus aguerris que nos armées, et des civils ne peuvent pas leur faire face », a laissé entendre Mohammed Bazoum, aux confrères de Jeune Afrique. Un journal qui s’est éloigné de sa mission panafricaniste, et s’est alors mis au service des impérialistes et leurs disciples.

Dans son satire, le successeur de Mahamadou Issoufou à la tête du Niger s’est fait à lui-même et à son pays un affront, dans sa volonté de ternir l’image de  son homologue  burkinabè Ibrahim Traoré et de sa stratégie de guerre.

« Armer les civils pour combattre les terroristes est une tragique erreur », a-t-il lancé. En allusion aux VDP recrutés pour suppléer les forces armées burkinabè, afin d’avoir un effectif conséquent face aux djihadistes. Passant sous silence par ignorance ou volontairement  les exploits des combattants burkinabè ces derniers mois dans le cadre de la guerre anti-terroriste.

Depuis quelques temps, nous assistons à une sorte de déchaînement des autorités sécuritaires et politiques du Niger contre les dirigeants de la Transition burkinabè. Et pourtant ni le Président Ibrahim Traoré, ni ses collaborateurs, ni aucun haut gradé ne mettent jamais en cause la gouvernance ou la stratégie de guerre adoptée par leurs homologues des autres pays.

L’on se demande alors en quoi celle mise en place par la Transition burkinabè dérange Abou Tarka et le Président Bazoum?

N’est-ce pas dissonant et dévalorisant pour un Chef d’Etat d’affirmer qu’une organisation terroriste est plus puissante qu’une armée?

Selon certains observateurs, ces déclarations viennent confirment la thèse de l’étroite et secrète relation qu’entretiennent les puissances étrangères avec les groupes terroristes. La supériorité des groupes djihadistes évoquée par le Président nigérien se justifie donc par le fait qu’ils sont en réseau avec les occidentaux, qui les financent et les approvisionnent en armes, pour pouvoir déstabiliser les pays africains.

Il convient de rappeler à M. Bazoum au cas où il l’ aurait peut-être oublié qu’il est du rôle régalien d’un Etat d’assurer la sécurité de ses citoyens et la défense de son territoire.  C’est pour cela qu’un budget considérable est alloué à la défense dans chaque pays disposant d’une armée. En outre il est du pouvoir d’un Etat de mobiliser des ressources nécessaires  pour équiper l’armée.

C’est la procédure adoptée par le Capitaine Traoré et qui a permis aujourd’hui aux forces armées de monter en puissance sur les forces ennemies et récupérer plusieurs parties du territoire autrefois assiégées par l’ennemi.

Au lieu de travailler à renforcer son armée, les autorités nigériennes préfèrent faire l’apologie des appuis militaires dont bénéficient leur pays, malgré que la présence des troupes armées occidentales et onusiennes depuis 2013/14 n’a pas pu enrayer le terrorisme. Au contraire, le fléau s’est étendu dans tout le Sahel jusqu’aux pays de la côte.

Fatou DIALLO

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