Zimbabwe : Les élections partielles secouées par l’apathie des électeurs dans neuf circonscriptions

Zimbabwe

Le Zimbabwe a été le théâtre de scrutins spéciaux le samedi dernier, visant à pourvoir neuf sièges au Parlement suite à la destitution et à l’inéligibilité de législateurs de l’opposition. Une manœuvre que l’opposition qualifie d’illégale, accusant le parti au pouvoir, le ZANU-PF, de chercher à renforcer sa majorité parlementaire et potentiellement à altérer la constitution.

Le Président Emmerson Mnangagwa, âgé de 81 ans, réélu pour un deuxième et dernier mandat en août au milieu de critiques internationales, pourrait bénéficier de cette manœuvre en lui ouvrant la voie à un autre mandat. Les neuf députés destitués du parti Citizens Coalition for Change (CCC), élus lors du vote national d’août, ont été rappelés de leurs fonctions par un prétendu secrétaire général du parti, Sengezo Tshabangu. Le leader du CCC, Nelson Chamisa, conteste cette autorité, déclarant que Tshabangu n’occupe aucun poste officiel au sein du parti.

Les tribunaux zimbabwéens ont cependant reconnu l’autorité de Tshabangu, destituant les députés de l’opposition et les déclarant inéligibles jeudi dernier. « Ce n’est pas une élection. Ce n’est pas la démocratie », a déclaré le porte-parole adjoint de l’opposition, Gift Ostallos Siziba, à l’Associated Press. Vendredi, une décision de justice tardive a assuré au candidat du ZANU-PF de remporter l’un des sièges à Harare sans contestation. Le CCC a déposé un recours à la Cour suprême, demandant que huit de ses candidats figurent sur les bulletins de vote, laissant vacant le siège de Harare.

Cette destitution est perçue par le CCC comme une tentative flagrante du ZANU-PF d’accroître son emprise sur le Parlement, accusant le parti au pouvoir d’utiliser Tshabangu et les tribunaux pour « décimer » l’opposition. Les élections spéciales de samedi ne sont que le début, avec Tshabangu rappelant des dizaines d’autres députés et des élections à venir dans les mois à suivre. Les organisations de défense des droits affirment que le ZANU-PF utilise les institutions telles que les tribunaux et la police pour réprimer l’opposition et les critiques. Le Département d’État américain a imposé des restrictions de visa aux individus zimbabwéens « soupçonnés d’être responsables ou complices de l’atteinte à la démocratie au Zimbabwe. »

Le ZANU-PF nie tout lien avec Tshabangu et sa destitution des députés de l’opposition, qualifiant cela de querelle interne au sein du CCC. Le mandat du président Mnangagwa doit prendre fin en 2028, mais certains au sein de son parti appellent à une prolongation au-delà de la limite actuelle de deux mandats, inaugurant un climat politique tendu dans le pays depuis les élections.

Samira 

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