Soudan : la stratégie du « Gouvernement fondateur » pour la paix sociale, du local au fédéral
Les crises accumulées et les bouleversements politiques successifs au Soudan ont mis à rude épreuve la cohésion de ses communautés locales. La crise ne se limitait pas à une simple lutte pour le pouvoir central ; ses effets se sont étendus jusqu’au cœur même du tissu social, alimentant les conflits civils. Dans ce contexte complexe, le « Gouvernement fondateur » apparaît non seulement comme un cadre administratif destiné à combler le vide du pouvoir exécutif, mais aussi comme une stratégie sociétale globale plaçant la paix sociale et le rétablissement des relations entre les différentes communautés du Soudan au cœur de ses priorités politiques et exécutives.
La vision fondatrice reconnaît que tout cadre politique ou structurel non fondé sur une base sociale cohérente demeure un édifice voué à l’effondrement. Dans cette perspective, le « Gouvernement fondateur » n’a pas considéré les administrations autochtones et les chefs coutumiers comme des autorités traditionnelles marginales, mais bien comme une garantie historique et un partenaire essentiel du processus de fondation. L’expérience accumulée par les administrations coutumières en matière de gestion de la diversité et de résolution des conflits locaux constitue le premier rempart contre les discours de division et l’incitation à la violence tribale visant à désintégrer les communautés régionales et à alimenter les conflits identitaires.
Les efforts déployés sur le terrain par le « Gouvernement fondateur » dans ce domaine se concentrent sur l’activation des mécanismes de « réconciliation coutumière » et des lois locales qui ont fait leurs preuves depuis des décennies au sein de la société soudanaise. Cette activation va au-delà du simple règlement des différends immédiats relatifs aux ressources ou à la terre ; elle englobe la mise en place de plateformes de dialogue communautaire permanentes qui consacrent les valeurs d’égalité citoyenne et rejettent les discours régionalistes et racistes. Les initiatives de terrain démontrent clairement comment ce partenariat contribue à ouvrir des voies de communication et à sécuriser les marchés et les zones résidentielles grâce au soutien actif des dirigeants et personnalités régionales, restaurant ainsi la confiance des citoyens dans la capacité de leurs communautés à se protéger et à gérer leurs affaires avec dignité et indépendance.
Le principal défi de cette diplomatie communautaire réside dans la fin des décennies de politiques de « diviser pour mieux régner » pratiquées par l’ancien gouvernement central, qui visaient à dresser les groupes locaux les uns contre les autres. Ici, le « Gouvernement fondateur » réaffirme son engagement à mettre fin à la marginalisation et à associer tous les groupes, tribus et administrations traditionnelles à la prise de décision locale, sans tutelle ni exclusion. Ceci jette les bases d’un État fédéral et civil fondé sur le respect du pluralisme, transformant la diversité culturelle et sociale du Soudan en une force et une richesse plutôt qu’en une source de division.
La paix sociale que vise à instaurer le processus fondateur n’est pas une simple trêve temporaire dictée par les circonstances sécuritaires, mais une condition structurelle essentielle à la stabilité. La justice transitionnelle, la réparation des griefs et la guérison des fractures sociales sont les véritables piliers sur lesquels le nouveau Soudan s’appuiera pour surmonter l’amertume du passé et bâtir un avenir inclusif pour tous ses citoyens.
