Bénin : Romuald Wadagni élu président avec 94,05 % des voix, la continuité après Patrice Talon ?
Le Bénin a choisi son nouveau président. Romuald Wadagni, ministre des Finances sortant et candidat soutenu par le président Patrice Talon, a remporté l’élection présidentielle avec 94,05 % des suffrages, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENA) dans la nuit de lundi à mardi. L’unique adversaire de l’ancien ministre, l’opposant modéré Paul Hounkpè, n’a recueilli que 5,95 % des voix, tandis que le taux de participation s’est établi à 58,75 %, un chiffre qui témoigne d’une mobilisation significative des électeurs pour ce scrutin décisif pour l’avenir du pays.
Économiste de formation et ancien cadre du prestigieux cabinet Deloitte, Romuald Wadagni a dirigé les finances béninoises pendant une décennie, supervisant des réformes structurelles qui ont transformé l’économie du pays et attiré les investisseurs étrangers. Son parcours professionnel, alliant expertise technique et expérience gouvernementale, en fait un profil particulièrement adapté pour poursuivre les chantiers engagés sous le mandat de Patrice Talon, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de la digitalisation de l’administration publique. La large victoire de Wadagni est aussi un plébiscite pour la politique économique menée depuis dix ans, dont les résultats sont visibles sur le terrain.
Patrice Talon quitte le pouvoir conformément à la Constitution après deux mandats présidentiels, laissant derrière lui un bilan économique globalement salué par les institutions financières internationales et les partenaires au développement du Bénin. Sous sa conduite, le pays a connu une croissance soutenue, des investissements massifs dans les infrastructures routières et portuaires, ainsi qu’une modernisation du système éducatif et de santé.
Le président sortant a respecté scrupuleusement la limite des deux mandats imposée par la loi fondamentale, donnant ainsi l’exemple d’une alternance démocratique apaisée, même si son opposition dénonce un espace politique considérablement rétréci pendant ses années au pouvoir.
